samedi, avril 4, 2026

Crise de liquidité en Guinée : des solutions concertées pour restaurer la circulation du cash.

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Face à la persistance de la crise de liquidité, le Gouvernement guinéen et les acteurs du secteur privé intensifient les concertations afin d’identifier des réponses durables. Une nouvelle réunion stratégique s’est tenue au Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, réunissant, le 31 mars 2026, les principales parties prenantes du système financier national.

Un objectif central : rétablir la fluidité financière

Au cœur des échanges : la nécessité de ramener les liquidités dans le circuit bancaire et de limiter les effets de la thésaurisation, qui freine aujourd’hui la circulation du cash. Les discussions ont également porté sur la protection du pouvoir d’achat des ménages et la consolidation des fondamentaux économiques du pays.

Cette troisième rencontre, organisée sous les orientations du Chef de l’État, a mobilisé un large éventail d’acteurs : Banque centrale, banques commerciales, secteur privé, institutions de microfinance, services publics et opérateurs de monnaie électronique.

Des indicateurs solides, mais une situation paradoxale

Mme la Ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, a insisté sur l’urgence d’une réponse collective et coordonnée pour atténuer les tensions sur les liquidités et soutenir les échanges économiques.

De son côté, le Gouverneur de la Banque centrale, Dr Karamo Kaba, a mis en lumière un paradoxe notable. Malgré des indicateurs macroéconomiques jugés robustes — avec une croissance estimée à 9,2 %, une inflation contenue, un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB, un niveau d’endettement autour de 30 % du PIB et des réserves de change confortables — la crise de liquidité persiste.

« Sur dix billets injectés dans l’économie, seulement quatre retournent dans le circuit bancaire », a-t-il souligné, pointant la thésaurisation comme l’un des principaux facteurs explicatifs.

Le secteur privé engagé dans la recherche de solutions

Les représentants du secteur privé ont salué cette initiative de dialogue et réaffirmé leur engagement à collaborer étroitement avec les autorités publiques. Tous reconnaissent l’impact transversal de cette crise sur les activités économiques et la nécessité d’une action coordonnée.

Des pistes de réformes concrètes

Les travaux ont permis d’identifier plusieurs leviers d’action prioritaires :

L’amélioration de l’accès aux devises et la gestion du marché de change

L’encadrement des activités des cambistes

La protection des épargnants et le respect du secret bancaire

Le plafonnement des retraits importants en espèces

La promotion de la monnaie électronique et la digitalisation des paiements

La bancarisation des salaires notamment ceux d’une frange importante du secteur privé,

L’extension du réseau bancaire à l’intérieur du pays

La régulation des circuits informels, notamment dans les secteurs de l’orpaillage et des stations-service

Parmi les priorités opérationnelles figurent également la mise en service du switch national, le règlement de la dette intérieure, l’harmonisation de la communication publique et le renforcement des campagnes de sensibilisation contre la thésaurisation.

Vers un plan d’action à court terme

À l’issue de la rencontre, les différentes parties ont pris des engagements concrets pour accélérer la mise en œuvre des réformes. Il s’agit notamment de renforcer la bancarisation, d’intensifier la digitalisation des paiements et de favoriser l’adoption de la monnaie électronique.

Une feuille de route claire, assortie d’objectifs mesurables à court terme, devrait être élaborée dans les prochains jours afin d’assurer une mise en œuvre effective des décisions. Dans le moyen terme, l’idée de la mise en d’un Pacte de stabilité entre l’Etat, le secteur privé et les acteurs du secteur financier a été émise a l’effet de prévenir et régler les crises qui surviendrai.

Une dynamique de confiance à consolider

Cette nouvelle phase de concertation traduit une prise de conscience collective et une volonté partagée d’agir face à la crise. Pour les autorités comme pour les acteurs économiques, l’enjeu est désormais de restaurer durablement la confiance dans le système financier et de garantir une meilleure circulation des liquidités dans l’économie guinéenne.

N’Gamet Yansané pour civinewsguine

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