Au Maroc, une femme (Fatima Ezzahra El Mansouri) aux rênes du Gouvernement : Entre fierté historique et défis immenses

C’est une page d’histoire que le Maroc vient d’écrire. Fatima Ezzahra El Mansouri est la première femme à occuper la fonction de cheffe du gouvernement du Royaume chérifien. Le roi Mohammed VI l’a chargée de former la nouvelle équipe gouvernementale, au lendemain de la victoire de son parti, le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), aux élections législatives.

« Le travail commence aujourd’hui »

Âgée de 50 ans, maire de Marrakech et ancienne ministre du Logement, la nouvelle cheffe du gouvernement a réagi sans tarder à sa désignation : « le travail commence aujourd’hui ». Elle a annoncé l’ouverture de consultations internes au sein de son parti, avant des discussions avec les autres formations politiques pour bâtir une coalition gouvernementale.

Une victoire symbolique pour les femmes.

Dans le royaume, la nouvelle est accueillie avec fierté. Pour Ziad Achoura un entrepreneur salue ce choix « c’est un honneur », la première fois qu’une Marocaine accède à ce poste, et il juge la nouvelle cheffe du gouvernement compétente pour l’exercer. Nadia Brahimi, étudiante y voit une source de fierté pour toutes les femmes marocaines.

Cette nomination marque aussi une étape dans la visibilité des femmes au sommet du pouvoir. Fatima Ezzahra El Mansouri devient ainsi la deuxième femme du monde arabe et d’Afrique à occuper une telle fonction. Au-delà de la personne, c’est un signal fort envoyé aux jeunes générations : les plus hautes responsabilités de l’État ne sont plus hors de portée des femmes.

Un scrutin marqué par l’abstention.

Reste que le symbole ne suffira pas. Son parti est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395 à la Chambre des représentants, un score qui est loin de la majorité et l’oblige à trouver des alliés. Plus encore, ces législatives ont été marquées par une forte abstention, signe d’une défiance d’une partie de l’électorat à l’égard de la politique. La légitimité de la nouvelle équipe se jouera donc moins dans les urnes que dans les résultats.

Des défis immenses

Les attentes sont nombreuses et pressantes : le chômage, en particulier celui des jeunes ; le coût de la vie, qui pèse sur le quotidien des ménages ; les aspirations de la jeunesse, de plus en plus exigeante en matière d’emplois, de services publics et de perspectives.

Entre espoir et obligation de résultats

Cette nomination ouvre une nouvelle page de l’histoire politique marocaine, entre l’espoir d’un changement et l’attente de résultats concrets. Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, l’enjeu est double : réussir à former une coalition stable, puis regagner la confiance de citoyens qui, pour beaucoup, ont préféré rester à l’écart du scrutin.

Casablanca, Salma Kantari pour civinewsguinee.info

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