

Les Assemblées annuelles FMI–Banque mondiale abordent leur vitesse de croisière. Entre rencontres techniques, échanges informels et séances plénières, le ballet est intense.


Mercredi, 14 octobre 2026, la délégation guinéenne a pris une part active aux Caucus des gouverneurs africains, d’abord avec le Président du Groupe de la Banque mondiale, puis avec la Directrice Générale du FMI. Elle était conduite par Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, Gouverneure pays auprès des deux institutions, et comprenait le Ministre du Plan, le Gouverneur de la BCRG et de hauts cadres.
Avec le Président Ajay Banga : financer l’Afrique face aux crises

Le Président du Groupe de la Banque mondiale et son équipe ont longuement échangé avec les ministres gouverneurs africains. Au cœur des débats : le financement des économies du continent face aux crises successives, l’impact des ressources de l’IDA (bilan de l’IDA-21 et gestion des chocs depuis la COVID-19) et la nécessité de réformer les modèles de croissance.
Les orientations retenues :
Changer de paradigme. Ajay Banga a plaidé pour une place prioritaire aux PME africaines, avec un meilleur accès aux capitaux, des facilités bancaires accrues et des mécanismes de crédit adaptés.

Mobiliser les ressources nationales. C’est le levier essentiel d’une résilience durable, pour s’affranchir de la dépendance exclusive à l’aide extérieure.
Investir dans les infrastructures et le capital humain.


Pour capitaliser sur la jeunesse du continent, il faut conjuguer réformes favorisant l’investissement privé et consolidation des services de base : éducation, santé, connectivité numérique.
L’intervention remarquée de Mme la Ministre.

Au nom de la Guinée, Mme Mariama Ciré Sylla a plaidé pour la valorisation des corridors de croissance sur le continent. Elle a présenté l’approche guinéenne du programme Simandou : bâtir, autour des infrastructures ferroviaire et portuaire, un corridor d’investissements structurants pour diversifier l’économie et créer des emplois décents.


Mme la Ministre Gouverneure a aussi insisté sur la transformation sur place des ressources minières en Afrique, sur le soutien au secteur privé et aux champions nationaux, et sur la valorisation du capital humain, que vise la Simandou Academy.
Une contribution très appréciée par le Caucus.
À l’issue de la séance, le Président du Conseil des Gouverneurs africains a remis à Ajay Banga un mémorandum officiel du Caucus sur les engagements liés à l’IDA-21.

Avec Mme Kristalina Georgieva : résilience et transformation structurelle.

Seconde rencontre de grande envergure : un échange « puissant et constructif », selon la délégation, avec la Directrice Générale du FMI et son équipe. Thème : des partenariats renforcés pour consolider la résilience économique et promouvoir la transformation structurelle de l’Afrique, dans un environnement mondial de plus en plus exposé, aux chocs. Les discussions ont ciblé la gestion de la dette publique, le climat des affaires et l’intégration régionale.
Les préoccupations et attentes africaines :
Une voix plus forte.
Le Caucus a salué l’impact concret du troisième siège attribué à l’Afrique subsaharienne au conseil d’administration du FMI, et demande de poursuivre vers une représentativité encore accrue.


Une dette plus soutenable. Le service de la dette absorbe jusqu’à la moitié des recettes fiscales dans certains pays. Les gouverneurs réclament une réforme de l’architecture financière mondiale : mécanismes de résolution plus rapides, financements à coûts plus abordables, pour protéger les budgets d’éducation et de santé, soutien pour faire face aux chocs liés au changement climatique, rendre les espaces budgétaires efficaces et durables.

L’intégration régionale comme moteur. La pleine mise en œuvre de la ZLECAf est identifiée comme le levier pour bâtir des chaînes de valeur régionales et renforcer la compétitivité du continent.


Un appui du FMI sur mesure. La Directrice Générale a réitéré l’engagement du Fonds à adapter ses outils de prêt aux réalités africaines, pour aider à reconstituer les marges budgétaires, protéger les populations vulnérables et encourager un climat d’investissement plus attractif. » je vous ai entendu pour vos plaidoyer…ce qui est bon pour l’Afrique, est bon pour le monde entier. L ‘Afrique…c’est l’avenir et c’est là que le monde devra trouver le futur moteur de sa croissance et son développement. » affirmera, la Patronne du FMI.

Le plaidoyer : un message africain dans un monde incertain.
Dans un contexte mondial fragile et volatil, les gouverneurs africains ont porté un message commun : financer la transformation plutôt que seulement amortir les chocs. Cela suppose des ressources concessionnelles à la hauteur, une dette gérable, des PME mieux financées, une intégration régionale accélérée et une industrialisation qui retienne la valeur ajoutée sur le continent.

La Guinée y apporte une contribution concrète : un corridor Simandou pensé comme moteur de diversification, de création d’emplois et de formation de talents. C’est ce qui a donné du poids à la voix de la Ministre Mariama Ciré Sylla à Bangkok

Service Communication, Relations Publiques MEFB

