Sénat, Chambre des représentants : les démocrates reprennent les deux. Dans la diaspora africaine de Washington, des Guinéens ont voté en nombre. Récit d’une nuit qui change la fin de mandat de Donald Trump.

Washington, D.C. Le verdict est tombé et il est sans appel. Mardi, les Américains ont fait basculer les deux chambres du Congrès. Les démocrates ont repris le Sénat en renversant des sièges républicains dans des États conservateurs, et la Chambre des représentants, sur fond de frustration face à la hausse du coût de la vie.
Les sondages de sortie des urnes révèlent que 89 % des électeurs ont jugé le coût de la vie déterminant, et que la cote de popularité du président était tombée à 38 %.

Une vague, des symboles
Au Michigan, l’épidémiologiste Abdul El-Sayed s’impose face au républicain Mike Rogers, malgré le soutien de Donald Trump à ce dernier. Très tôt ce matin, devant une foule électrisée à Detroit, il a promis de porter à Washington les attentes de ses électeurs : aide aux plus démunis, assurance maladie, logement social.

Au Texas, le démocrate James Talarico l’emporte face à Ken Paxton et lance depuis Austin : « La politique de la division ne peut résister à celle de l’amour. »
Le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, a salué une victoire « du peuple » plutôt que d’un camp. Donald Trump, lui, a félicité les démocrates tout en affirmant que ce résultat n’est pas un désaveu de sa présidence.

Autre fait marquant : trois femmes démocrates sont désignées à la tête de grands États, Gina Hinojosa au Texas, Keisha Lance Bottoms en Géorgie et Amy Acton dans l’Ohio.
Pourquoi les Américains ont tranché
Pertes d’emplois fédéraux, avantages sociaux réduits, vie chère, carburant à la pompe, guerres d’Iran, d’Ukraine et du Venezuela, embargo sur Cuba : le bulletin de vote est devenu le déversoir d’une colère accumulée.

Résultat : un président habitué à brandir son veto devra désormais composer avec une opposition qui contrôlera le budget, les nominations et les commissions d’enquête dès janvier.
La diaspora africaine dans la bataille
Le scrutin s’est aussi joué dans les communautés africaines du Grand Washington.


À Bowie, dans le comté de Prince George (Maryland), bastion démocrate où vivent de fortes communautés nigériane, guinéenne, camerounaise et ougandaise, l’entrepreneur Zoeche Ubuntu a voté par anticipation avec sa femme et leurs trois enfants. La Dr Sona Konaté, Guinéenne exerçant à l’hôpital du comté, a glissé son bulletin mardi soir avec son époux.
Dans le New Jersey, Yalamo Elise Soumaoro a mobilisé la communauté de la Guinée Forestière via le groupe WhatsApp ARGUIFA, où les photos de petits badges « I voted » ont fleuri. À Philadelphie, Lazare S. a lui aussi accompli son devoir civique.
Verdict sans appel … grand enseignement à l’arrivée.
Les urnes ont parlé, et la leçon dépasse l’Amérique : quand le coût de la vie étouffe, aucune majorité n’est éternelle. Donald Trump entre dans la seconde moitié de son mandat avec un Congrès qui lui échappe, et un pays qui lui demande des comptes.

Reste la grande question : ce vent de renouveau se traduira-t-il en résultats concrets pour les ménages américains, et en politiques plus prévisibles pour le reste du monde, Afrique comprise ? L’espoir est-il permis ? Wait and see.
Depuis Washington, D.C., Saliou Coumbassa pour civinewsguinee.info

