Budget rectifié 2026 : les députés disent oui ! à la loi des finances rectificative. Mme la Ministre, Mariama Ciré Sylla promet une exécution efficace et des résultats visibles.

Réunis en plénière ce samedi 7 novembre, les élus ont adopté la Loi de finances rectificative 2026. Le défi est désormais l’exécution.

Un vote massif, assorti de recommandations

Au terme de cinq (5) jours d’examen en commissions et inter-commissions, du 1er au 5 novembre, puis de six (6) heures de débats en séance, l’Assemblée nationale a adopté le volet dépenses du budget rectifié et la LFR 2026.

Le débat a été intense, parfois houleux, mais il s’est conclu dans une ambiance conviviale.

La Commission des affaires économiques et financières, du plan et de la coopération a présenté un Rapport Général de 28 pages. Il détaille le contexte, les constats, les interrogations, les points d’attente et les recommandations des élus.

Devant l’hémicycle, Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a défendu le volet dépenses et la loi des finances rectificative 2026. Elle a remercié les députés pour ce « vote de confiance ». Selon elle, cette LFR « n’est pas un simple exercice d’ajustement comptable » mais un acte de réorientation stratégique. Il vise à réaligner les ressources sur les priorités des citoyens, au moment où le pays entre dans l’exploitation du minerai de fer de Simandou. Le contrôle parlementaire, a-t-elle ajouté, n’entrave pas l’action du gouvernement : il en renforce la rigueur et la crédibilité.

Les chiffres du budget rectifié

Recettes : 60 064 milliards GNF, soit +7,5 % par rapport à la Loi de finances initiale.

Dépenses : environ 67 925 milliards GNF, soit +5,8 %.

Déficit budgétaire : 2,01 % du PIB.

Les préoccupations des élus

Sur les recettes, les députés ont interrogé : la mobilisation des ressources fiscales et douanières de Simandou ; les exonérations accordées par l’État ; l’effort consenti pour maintenir le prix du carburant à la pompe ; les dividendes non versés par certaines entreprises publiques et le faible taux d’absorption des ressources extérieures.

Sur les dépenses, leurs questions ont porté sur :la baisse des investissements liée au retrait de projets peu matures ; les études de faisabilité ; la dette intérieure et le niveau d’exécution du budget ; le programme de 7 000 km de pistes rurales ; la rétrocession des ressources aux collectivités et la migration vers le budget-programme.

Des réponses claires et rassurantes de Mme la Ministre

Pour les Recettes. Mme Sylla a mis en avant l’élargissement de l’assiette, la digitalisation des outils et la simplification des procédures. Les recettes minières progressent de plus de 30 %, grâce à une direction dédiée au secteur minier à la DGI et à un service spécial pour Simandou et ses sous-traitants. Les exonérations seront contrôlées dès la déclaration et validées dans SAFIG 2. Elle a aussi donné un bilan du recouvrement : 68 entreprises, représentant 335 milliards GNF, ont été fermées. Dix-sept disposent d’un échéancier et ont payé 10 % avant réouverture, et environ 45 milliards GNF ont déjà été recouvrés.

Pour ce qui concerne les Investissements. Le principe retenu est de finir ce qui est commencé. Le retrait des projets insuffisamment préparés « n’est pas un renoncement, c’est un choix de sincérité ». Les crédits sont concentrés sur les projets en cours ou prêts à être mis en service. À titre d’exemple, les crédits de contrepartie de ‘’la RN38 Tintioulén–Baranama’’ passent de 30 à 409 milliards GNF. L’objectif est de réduire les chantiers inachevés, de limiter les surcoûts liés aux retards et de décider sur des données fiables, grâce au suivi-évaluation des investissements publics.

Le defis du Taux d’exécution.

Pour expliquer les faibles taux de 2026, la Ministre a cité les fusions et scissions de départements, les limites du douzième provisoire et la qualité de projets programmés sans études préalables. Elle y voit des circonstances exceptionnelles.

Un budget rectifié à visage humain

Capital humain : fonctionnement de 455 centres de santé et 2 514 postes de santé, centres d’hémodialyse, mammographes pour les hôpitaux régionaux, équipement de l’hôpital de Donka, fonds d’urgence contre les épidémies, recrutement récent de 4 500 enseignants, crédits de fonctionnement déconcentrés vers les établissements scolaires.

Protection des plus vulnérables : dotation supplémentaire à la CNPS pour les agents de l’État atteints de maladies de longue durée (cancer, insuffisance rénale, AVC), appui au secteur social et à l’entrepreneuriat féminin, soutien aux fédérations sportives.

Équité territoriale : fonctionnement des sous-préfectures en hausse de près de 50 %, transferts aux communes rurales en hausse de 110 %, au moins 20 % des crédits de fonctionnement de chaque ministère affecté aux services déconcentrés, poursuite des 1 600 points d’eau dans l’intérieur du pays.

Désenclavement et économie réelle : accélération des routes, des pistes rurales et des projets d’eau et d’électricité, poursuite de l’acquisition de bus pour le transport public.

Institutions : moyens alloués à la justice, aux députés et aux futurs sénateurs.

Des réformes en cours

Mme la Ministre a rappelé les outils déployés pour améliorer la gouvernance financière : TELEMO, SICOF, SICOM, Œil du Trésor, Trésor Pay, SONEYA, l’Outil national de suivi-évaluation et la Mercuriale des prix. Elle a également souligné la validation des nouveaux textes sur les pièces justificatives des opérations publiques et sur le plan comptable harmonisé des collectivités décentralisées.

Le grand tournant viendra en 2027 avec le Budget-Programme.

Chaque franc dépensé devra être rattaché à un objectif, mesuré par un résultat et rendu visible aux citoyens. Il s’agit de passer d’une logique de moyens à une logique de résultats.

L’exécution, défi central

Pour réussir, Mme la Ministre Mariama Ciré Sylla a insisté sur la qualité de la gouvernance des projets, la maturation des projets par des études, la capacité d’exécution et le renforcement des capacités des cadres. La mise en place d’un Delivery Unit s’inscrit dans cette démarche.

La voix du Parlement

Le Président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a salué la mobilisation des députés et le travail des commissions. Il a appelé à l’efficacité de la dépense publique, à de meilleures capacités de paiement et d’utilisation des crédits votés. Il a aussi insisté sur la rétrocession des ressources aux collectivités, le financement des cantines scolaires et l’utilisation des crédits d’investissement. Il a enfin réaffirmé l’engagement du Parlement à soutenir les initiatives du Gouvernement.

En guise de conclusion, Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a assuré, au nom du Premier Ministre, que les préoccupations et recommandations des élus seront prises en compte, conformément à la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya.

Au cours de cette plénière, Mme la Ministre était accompagnée du Secrétaire Général, de la Cheffe de Cabinet, de conseillers et de directeurs nationaux et généraux.

Grand enseignement …le vrai test commence maintenant

Le vote est acquis, l’épreuve se joue sur le terrain. À l’heure de Simandou 2040, la richesse du sous-sol devra, selon les mots de la Ministre, se lire « dans le quotidien de chaque localité, dans une école, un centre de santé, un point d’eau ou une route ». C’est à cette aune que l’on jugera ce budget : un budget qui s’exécute et qui se voit.

Malick Toure pour civinewsguinee.info

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