Pour la première fois, les fonctions de préfet et de gouverneur passent par un appel à candidatures et un concours. C’est une première dans l’histoire de l’administration guinéenne. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a organisé, jeudi 5 novembre, l’évaluation finale de 94 candidats présélectionnés pour les fonctions de préfet et de gouverneur. Le processus avait démarré le 14 septembre par un appel à candidatures.
« Le concours départage les candidats ; le Chef de l’État, dans l’exercice de son pouvoir discrétionnaire, procède aux nominations. »

Une sélection rigoureuse
Plus de 700 candidats avaient postulé au poste de préfet et 28 à celui de gouverneur. À l’issue de la présélection, 92 candidats ont été retenus pour les préfectures et deux pour les gouvernorats. Ils ont d’abord composé pendant trois heures sur la programmation stratégique du développement, la coordination de l’action gouvernementale et la gestion des dossiers territoriaux. Les admissibles ont ensuite passé un entretien direct devant le jury.
Le Chef de l’État tranchera en dernier ressort

La liste des candidats retenus sera transmise au Président de la République par l’intermédiaire du Premier ministre. Il pourra ainsi, selon la Ministre Djénabou Touré, user de son pouvoir discrétionnaire pour nommer très prochainement les futurs préfets et gouverneurs issus de ce concours.
Des relais à la hauteur de Simandou 2040
Pour la Ministre, cette démarche vise à renforcer les compétences des administrateurs territoriaux. Ils auront la charge de représenter le Chef de l’État et les départements sectoriels dans la conduite des affaires de leurs territoires et circonscriptions.

L’enjeu dépasse la seule procédure. À l’ère de Simandou 2040, les grands programmes de développement se réalisent d’abord dans les préfectures et les régions. Ce sont les préfets et les gouverneurs qui coordonnent, accompagnent les investisseurs, mobilisent les services de l’État et font le lien avec les populations. Des cadres choisis sur leurs compétences sont des relais plus efficaces pour traduire les politiques publiques en résultats concrets, au plus près des citoyens.
Un message fort pour une gouvernance des territoires de qualité.

En passant de la nomination directe à une sélection par le mérite, la Guinée change la manière de gouverner ses territoires. Si cette exigence devient la règle, elle peut renforcer la confiance des citoyens dans leur administration et donner à l’État des relais capables de porter l’ambition de Simandou 2040 jusqu’aux préfectures.

Foulematou Samoura pour civinewsguinee.info

