8,6 % de croissance, carburant à 12 000 GNF, 1 600 points d’eau… Mme la Ministre Mariama Ciré Sylla joue sa partition devant les députés pour défendre le Projet de budget rectifié 2026 de l’État.

C’était un grand oral, et une première. Devant une Assemblée nationale fortement mobilisée, le samedi 26 octobre 2026, Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a défendu le Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026, soumis à l’examen et au vote des députés. Le fil rouge de son plaidoyer : la Guinée croît fortement, et cette croissance doit enfin se voir dans le quotidien des Guinéens.

Une croissance qui accélère

Les chiffres avancés aux élus donnent le ton : après 5,4 % en 2024 et 7,1 % en 2025, la croissance devrait grimper à 8,6 % en 2026. Moteurs cités : le secteur minier, le projet Simandou et les investissements structurants. Le gouvernement évoque aussi de meilleures perspectives de notation souveraine et des investissements directs étrangers estimés à 7,8 milliards de dollars en 2025.

L’enjeu, a insisté Mme la Ministre : convertir ces performances en emplois, en entreprises guinéennes plus solides et en meilleures conditions de vie.

Maintenir le prix du Carburant : l’État met 5 489,7 milliards GNF sur la table.

Pour contenir les effets des tensions géopolitiques, des perturbations logistiques et de la volatilité des prix de l’énergie, l’État maintient le litre de produits pétroliers à 12 000 GNF. La facture : 5 489,7 milliards GNF, dont 4 576,7 milliards de recettes sacrifiées et 913 milliards provisionnés pour le mécanisme de stabilisation des prix. Un effort équivalent à près de 10 % des recettes fiscales prévues.

Recettes en hausse, déficit sous contrôle

Le PLFR mise sur les ressources internes :

  • Recettes fiscales : +8 %, pour une pression fiscale de 14,2 % du PIB (12,9 % prévu au départ) ;
  • Recettes liquides : 44 225,37 milliards GNF au 15 octobre, soit 85 % des prévisions annuelles ;
  • Déficit ramené à 2,01 % du PIB, contre 2,07 % initialement.

Santé, éducation, proximité : où va l’argent du Budget rectifié ?

Dans la continuité des appuis lancés par la Loi de finances initiale, le texte prévoit notamment :

  • Le soutien à 455 centres de santé et 2 514 postes de santé ;
  • L’opérationnalisation des centres d’hémodialyse et l’équipement des hôpitaux régionaux ;
  • Un meilleur approvisionnement en médicaments et vaccins, et une prise en charge renforcée des fonctionnaires atteints de maladies graves ;
  • De meilleures primes et indemnités pour le personnel éducatif ;
  • 1 600 points d’eau dans l’intérieur du pays ;
  • Près de +50 % de crédits de fonctionnement pour les sous-préfectures et +110 % de transferts aux communes rurales ;
  • La poursuite de l’acquisition de bus pour les transports publics.

FMI, Banque mondiale, BAD : les partenaires soutiennent et accompagnent le pays

Un accord au niveau des services a été conclu en août avec le FMI pour un programme de 41 mois, adossé à un financement envisagé d’environ 425 millions de dollars, sous réserve de l’aval des instances du Fonds. Avec la Banque mondiale et la BAD, le gouvernement prépare par ailleurs des appuis budgétaires pour accompagner les réformes, la mobilisation des recettes et la gouvernance financière.

Simandou 2040 : « pas seulement du minerai »

Pour Mme Sylla, le succès de Simandou « ne se mesurera pas uniquement à la quantité de minerai exportée », mais à ses retombées : infrastructures modernes, entreprises locales compétitives, emplois durables, développement équilibré des territoires. D’où une sélection plus stricte des projets d’investissement, qui favorise ceux qui sont matures, financièrement soutenables et capables de produire vite des résultats.

Une première avec le Parlement

Ce rendez-vous marque aussi une première avec l’Assemblée nationale de la Cinquième République. Mme la Ministre a félicité le Président de l’Assemblée et les députés « pour la confiance placée en eux par les Guinéens », promis un dialogue « permanent, transparent et constructif », et insisté sur le contrôle parlementaire et la reddition des comptes.

Avant de clore sa brillante présentation face aux députés, Mme la ministre a rappelé la ligne du gouvernement, mené sous l’impulsion du Président Mamadi Doumbouya et la coordination du Premier Ministre Amadou Oury Bah : « protéger aujourd’hui, investir pour demain ». Reste aux députés à examiner et voter le texte.

Les députés se retrouveront en travaux de commissions dès lundi pour examiner le volet recettes en recevant les ministres et leurs cabinets en session, avant d’aborder le volet dépenses et procéder, le 8 novembre prochain à l’Adoption du Projet de Loi de Finances Rectificative 2026.

Foulematou SAMOURA pour civinewsguinee.info

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