Six (6) émissions en dix (10) ans, une progression de près de deux tiers d’une année sur l’autre, un taux garanti par la Banque Centrale : la nouvelle campagne d’Emprunt Obligataire par Appel Public à l’Épargne (APE) lancée par le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget n’est pas une simple répétition d’un exercice budgétaire. C’est la démonstration d’un instrument que la Guinée affine, année après année, pour transformer l’épargne des ménages et des institutions en moteur de financement sain de son économie.

Un mécanisme qui monte en puissance, preuve de son efficacité.
Lancée à Conakry pour un montant de 2 500 milliards de GNF, ouverte du 25 septembre au 23 octobre 2026, cette 6ᵉ émission nationale en dix ans s’inscrit dans le sillage du Programme Simandou 2040. Mais ce qui attire l’attention, c’est la trajectoire : Après 1 500 milliards de GNF mobilisés en 2025, l’État guinéen lève cette année 1 000 milliards de plus, soit une hausse de près de deux tiers. Une progression qui ne s’improvise pas, elle traduit la confiance croissante des souscripteurs dans un instrument désormais bien rodé, et la capacité du marché financier domestique à absorber des montants de plus en plus importants.

L’opération est structurée avec précision : 500 000 obligations d’une valeur nominale de 5 000 000 GNF, un taux d’intérêt annuel de 11 % net d’impôts, une maturité de cinq ans, le tout garanti par la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Un montage qui allie rendement attractif et sécurité, pensé pour convertir l’épargne dormante en investissement productif.
L’innovation, c’est aussi le choix de la monnaie locale
Emprunter en francs guinéens plutôt qu’en devises n’a rien d’anodin. Le Directeur Général des Financements, Aboubacar Sidiki Diakité, en explique la logique : cette approche protège les finances publiques contre le risque de change et offre à l’épargne nationale un placement sûr et rémunérateur, directement mis au service du développement du pays.


Pour Mr Diakité, chaque franc guinéen mobilisé localement est un franc guinéen qui ne dépend pas des fluctuations des marchés internationaux. Une manière intelligente de sécuriser le financement du développement tout en approfondissement le marché financier intérieur.

Ce choix technique s’accompagne d’un environnement macroéconomique qui rend la démonstration encore plus convaincante. Le Gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a mis en avant une inflation bien maîtrisée et des réserves de change reconstituées, garantissant aux souscripteurs le respect scrupuleux des engagements pris.

Une efficacité reconnue au-delà des frontières.
L’efficacité de cette stratégie de diversification ne se mesure pas seulement à l’aune des montants levés. Elle se lit aussi dans la reconnaissance internationale : en septembre 2025, la Guinée a décroché sa toute première notation souveraine, B+ avec perspective stable auprès de Standard & Poor’s, perspective depuis relevée à positive. Elle se lit également dans l’appétit des investisseurs étrangers, avec 7,8 milliards de dollars d’IDE en 2025 (près de six fois le niveau de 2024) et dans l’accord conclu avec le FMI pour un programme de 41 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, à hauteur de 425 millions de USD.

Pour Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, ces résultats traduisent une trajectoire de croissance qui s’accélère : 5,4 % en 2024, 7,1 % en 2025, environ 8,6 % attendus en 2026, 9,3 % projetés en 2027 ; le tout avec une dette publique maîtrisée à moins de 37 % du PIB.
Une mobilisation collective au service de résultats concrets.


L’efficacité du dispositif tient aussi à la mobilisation qu’il suscite. Autour de la Ministre lors du lancement : le Gouverneur de la BCRG, les Ministres en charge des Infrastructures et de l’Énergie, ainsi que les dirigeants des banques, compagnies d’assurance et institutions de microfinance. Afriland First Bank Guinée, banque cheffe de file et agrégateur de l’opération, a réaffirmé sa volonté d’accompagner les grands projets de la Nation par la voix de son ADG, Guy Laurent Fondjo.

Les ressources ainsi collectées ont une destination claire : désenclaver les territoires, renforcer le système de santé, investir dans la jeunesse, soutenir l’agriculture, l’industrie et le commerce. Autant de secteurs où l’innovation dans le financement se traduit directement en impact sur le quotidien des Guinéens.

« Nous n’empruntons pas pour emprunter. Nous mobilisons pour investir », a affirmé, la Ministre Mariama Ciré Sylla. hmed BARRY Un appel qui met en lumière, l’esprit d’un instrument que la Guinée a su rendre, édition après édition, plus efficace, plus sûr et plus ambitieux.
Ibrahima Ahmed BARRY pour civinewsguinee.info


