Le compte à rebours est lancé. À moins de cent jours de l’échéance fixée, le Gouvernement guinéen accélère la cadence pour boucler l’une des réformes les plus structurantes de sa gouvernance économique et financière : la migration du Budget de moyens vers le Budget-Programme.

Le 23 septembre 2026 à Conakry, le Premier Ministre Amadou Oury Bah, également Président du Comité National du Budget-Programme, a présidé l’ouverture de deux sessions d’échanges dédiées à l’appropriation de cette réforme par les membres du Gouvernement, en partenariat avec le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
Un seul Objectif affiché : Que chaque ministre-ordonnateur de budget s’approprie pleinement une approche qui va redessiner la manière dont l’État guinéen programme, exécute et évalue la dépense publique.
Une bascule de paradigme, pas un simple ajustement technique

En ouverture des travaux, Mme la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mme Mariama Ciré Sylla a situé l’enjeu : « le Budget-Programme n’est pas un exercice comptable de plus, mais l’instrument stratégique censé traduire en actes la vision de développement portée par le Président Mamadi Doumbouya à travers le Programme Simandou 2040. »

Le Premier Ministre Amadou Oury Bah a été plus tranchant encore sur le fond de la réforme : « Cette réforme implique un changement de paradigme : passer d’une logique de moyens à une logique de résultats, fondée sur des objectifs clairs et des performances mesurables qui impactent le quotidien des Guinéens. » Une phrase qui résume à elle seule la philosophie de la réforme, sortir d’une gestion où l’on dépense parce que la ligne budgétaire existe, pour entrer dans une gestion où chaque franc dépensé doit produire un résultat vérifiable pour les populations.
Le compte à rebours : 31 décembre 2026, dernier délai.

Le calendrier est sans ambiguïté. Mr Amadou Oury Bah a réaffirmé l’ambition gouvernementale d’achever la migration au plus tard le 31 décembre 2026, pour un basculement complet dès le 1er janvier 2027. Un pari serré mais assumé, qui traduit la volonté du Gouvernement de tenir ses engagements en matière de modernisation de la gestion publique.


Sur le terrain technique, le Directeur Général du Budget, Mamady Mariame Traoré, a détaillé la logique, les principes et les enjeux de la réforme, clarifié le rôle et les responsabilités des ministres dans une gestion désormais axée sur les résultats, et présenté l’état d’avancement de la migration, notamment les matrices de programmes budgétaires sectoriels élaborées par chaque département, assorties d’indicateurs de suivi-évaluation destinés à mesurer l’impact réel des politiques publiques.
Onze (11) départements pilotes en première ligne.


La réforme ne se joue pas seulement au sommet de l’État. En parallèle des sessions gouvernementales, des formations techniques sont dispensées aux cadres et agents des onze départements sectoriels pilotes, chargés de porter concrètement l’appropriation de cette transformation sur le terrain. Les autres Département suivront dans la foulée.
Les travaux d’échange avec les autres départements ministériels programmés se poursuivront dans les prochains jours, dans la même logique : faire du Budget-Programme un véritable levier d’efficacité et de performance de l’action publique.
Des grands défis en jeu.


Au-delà de la technicité budgétaire, c’est la crédibilité de l’action publique guinéenne qui se joue dans cette réforme. Passer d’une logique de moyens à une logique de résultats, c’est accepter d’être jugé sur l’impact réel des politiques publiques plutôt que sur le seul montant des crédits consommés. Un chantier exigeant, mais dont la réussite conditionnera la capacité de l’État à transformer la manne attendue du Simandou en résultats tangibles pour les Guinéens.

Ibrahima Ahmed BARRY pour civinewsguinee.info

