BANGKOK (Thaïlande), le « Venise de l’Orient » accueille cette semaine le gotha mondial de la finance et du développement. Quinze mille délégués de 191 pays, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, société civile et secteur privé, se retrouvent aux Assemblées annuelles du FMI et du Groupe de la Banque mondiale, du 12 au 18 octobre 2026, au Centre national de congrès Queen Sirikit (QSNCC). C’est la deuxième fois que la Thaïlande reçoit l’événement depuis 1991.

La Guinée y est représentée au plus haut niveau. Sa délégation est conduite par Mme Mariama Ciré Sylla, Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget et Gouverneure auprès des institutions de Bretton Woods. Elle comprend, le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, le Gouverneur de la Banque Centrale, Dr Karamo Kaba, le Coordonnateur de la MAMRI, Mohamed Lamine Doumbouya, le Directeur Général de Guinea Development Board, Namory Camara ainsi que des hauts cadres de la technostructure économique et financière du pays.

Une dynamique déjà engagée.

Bangkok n’est pas un point de départ.
À Conakry, la délégation a lancé avec la mission de la Banque mondiale, conduite par le Vice-Président régional Ousmane Diagana, le Cadre de partenariat pays 2027-2033, adossé à la vision « Simandou 2040 ». À Abidjan, elle a ensuite échangé avec la haute direction de la BAD et les ministres ivoiriens de l’Économie et des Finances.


Trois priorités
Réformes et appui budgétaire : consolider l’accord au niveau des services techniques avec le FMI sur un programme FEC de 425 millions de dollars.
Diversification économique : concrétiser les 3 milliards de dollars d’engagements de la Banque mondiale (IDA, SFI, MIGA) vers l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et l’éducation.
Investissements privés : présenter l’avancement du mégaprojet (600 km de voie ferrée, port en eau profonde) pour attirer des IDE hors secteur minier.
Des retombées attendues
Une croissance projetée à plus de 8 % en 2026 et au-delà de 11 % en 2027, grâce aux premières exportations de minerai de fer de Simandou. S’y ajoutent le programme de compétences « SIRA » pour l’objectif de 1,5 million d’emplois d’ici 2030, un appui à la mobilisation des recettes et à la gestion des dépenses en lien avec la soutenabilité de la dette, et le financement de corridors de développement.

Le vrai pari
Le véritable enjeu se jouera au-delà de Bangkok. Le Gouvernement et ses partenaires veulent que la manne de Simandou dynamise le secteur privé et modernise l’agriculture. Pour les autorités, sans réformes ni investissements de qualité mis en œuvre avec efficacité, la prospérité n’atteindra pas le quotidien de la majorité des Guinéens.


Depuis Bangkok, le venise de l’Orient, Ibrahima Ahmed BARRY, envoyé spécial pour civinewsguinee.info

