
À l’heure où la Guinée se prépare à absorber les retombées économiques du Programme Simandou 2040, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) pose une pierre discrète mais stratégique à l’édifice de la transformation économique : la modernisation du cadre juridique du crédit-bail, instrument clé pour irriguer les petites et moyennes entreprises en financement productif.
Un texte de 2012 à l’épreuve d’une décennie de mutations.
Le mercredi 23 septembre 2026, la BCRG a réuni autour d’un atelier de travail l’ensemble des acteurs concernés par la révision de la loi relative au crédit-bail : la Société Financière Internationale (SFI), les établissements de crédit, l’administration publique, le secteur privé, les chambres consulaires et plusieurs entreprises. La séance était présidée par El Hadj Mohamed Lamine Conté, Premier Vice-Gouverneur, représentant Mr le Gouverneur Dr Karamo Kaba.

Le constat de départ est simple : plus de dix ans après son adoption, la loi de 2012 qui avait pourtant marqué une avancée en dotant le crédit-bail d’un cadre juridique structuré (formes de crédit-bail, conditions d’exercice, droits et obligations des parties, mécanismes de sécurisation), ne correspond plus totalement à un environnement économique, financier et juridique qui a considérablement évolué. Les acteurs du secteur ont, entre-temps, accumulé une expérience de terrain que le nouveau texte entend précisément capitaliser.
Clarifier, corriger, sécuriser : la méthode de la réforme
La révision engagée ne bouleverse pas les fondements du dispositif existant (encadrement des sociétés de crédit-bail, agrément, protection des parties, publicité des contrats et garanties liées aux biens financés restent au cœur du texte). L’ambition est plutôt d’en clarifier les dispositions, d’en corriger les insuffisances identifiées à l’usage, et de mieux l’articuler avec les autres textes applicables, pour offrir aux établissements financiers, aux investisseurs et aux entreprises un cadre plus sûr, plus lisible et plus prévisible.
Le crédit-bail, un accélérateur d’investissement productif pour les PME.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier Vice-Gouverneur El Hadj M Conté a rappelé l’enjeu économique central de cette réforme : le crédit-bail permet aux entreprises, en particulier aux PME, d’accéder aux équipements dont elles ont besoin sans en supporter immédiatement le coût total. Un mécanisme qui soutient directement l’investissement productif, la modernisation des outils de production, la compétitivité des entreprises guinéennes et la diversification des solutions de financement disponibles sur le marché (autant de leviers indispensables à l’heure où la Guinée doit démultiplier ses capacités productives) pour tirer pleinement parti de la dynamique Simandou 2040. « Il s’agit de créer les conditions d’un développement durable du crédit-bail en Guinée, afin que cet instrument contribue davantage au financement de l’investissement, à l’essor de l’entrepreneuriat et à la création d’emplois », a souligné le Premier Vice-Gouverneur.
Une étape parmi d’autres dans la modernisation du système financier guinéen.

L’atelier du 23 septembre marque une étape déterminante du processus : examiner le projet de loi, recueillir les observations de l’ensemble des parties prenantes, et aboutir à un texte à la fois juridiquement solide, économiquement pertinent et réellement applicable sur le terrain.
Au-delà de la seule révision législative, c’est bien la contribution du crédit-bail à la transformation économique guinéenne qui est visée : permettre aux PME de produire davantage, de gagner en compétitivité, et de participer pleinement à la création de valeur nationale. Une pièce supplémentaire dans la stratégie plus large de modernisation du système financier et bancaire guinéen, dont la BCRG multiplie les chantiers pour accompagner un pays qui entend changer d’échelle.
Ibrahima Ahmed BARRY pour civinewsguinee.info


