Lors de sa conférence de presse trimestrielle à Conakry, le géant minier Rio Tinto-Simfer a dressé un bilan opérationnel hautement stratégique de l’avancement des infrastructures de Simandou. Entre premières exportations vers la Chine, livraison d’infrastructures ferroviaires majeures et ambition d’ancrer un standard de gouvernance durable, le consortium réaffirme son engagement à transformer structurellement l’économie guinéenne.
L’article synthèse de notre reporter
Le mégaprojet Simandou entre fermement dans sa phase de concrétisation et de montée en puissance commerciale.
Le jeudi 4 juin 2026, la direction nationale de Rio Tinto-Simfer a tenu sa conférence de presse trimestrielle au siège national de Coléah. Devant un panel de journalistes et d’analystes économiques, le top management a exposé une feuille de route caractérisée par une accélération marquée des flux industriels et une vision institutionnelle à long terme visant à doter la République de Guinée d’un écosystème socio-économique transformé et résilient.
Une dynamique opérationnelle et commerciale en forte accélération

Sur le plan technique, les chantiers structurants interconnectant la mine, le rail et les infrastructures portuaires progressent selon des calendriers rigoureux. Chris Aitchison, Directeur de projet de Simfer, a mis en avant la régularité croissante des flux logistiques mondiaux issus du corridor logistique de Simandou, un jalon décisif pour la viabilité économique à long terme de l’initiative.
« La session d’aujourd’hui est l’occasion de partager l’état d’avancement du projet Simandou, alors que nous continuons à progresser dans une phase importante de montée en puissance opérationnelle et de livraison. Au cours des derniers mois, nous avons constaté des progrès constants à travers l’ensemble du projet, avec des opérations qui deviennent plus régulières et des étapes clés franchies au niveau de la mine, de la voie ferrée et du port », a indiqué Chris Aitchison.
L’un des faits marquants de ce trimestre demeure la viabilisation complète de la chaîne logistique intégrée, permettant l’acheminement fluide du minerai depuis le gisement de Simfer jusqu’aux marchés internationaux : tout le minerai est désormais acheminé de la mine vers la ligne ferroviaire principale via l’embranchement de Simfer, puis expédié par le port opéré par WCS (Winning Consortium Simandou) vers les clients internationaux. Suite aux premières expéditions tests en début d’année, Rio Tinto-Simfer a officiellement lancé ses ventes commerciales vers la Chine en avril 2026.
Tableau de bord et indicateurs clés de performance (KPI) — T2 2026
L’analyse des réalisations sectorielles montre une performance globale robuste et, sur certains segments, une avance notable sur les projections initiales :
* Mine de Simfer (Taux d’avancement : 74%) : Les activités avancent conformément aux prévisions macro-industrielles, soutenues par un flux continu de concassage et de stockage de minerai. Les installations de concassage permanent restent en bonne voie pour une mise en service au second semestre de cette année.
* Infrastructures Ferroviaires (100% opérationnel pour l’embranchement) : Le mois de mai a été marqué par la célébration officielle de l’achèvement complet et de la mise en service de l’embranchement ferroviaire de Simfer, assurant l’interconnexion au réseau national.
* Logistique Portuaire (Taux d’avancement : 78%) : Le port de Simfer progresse de manière anticipée par rapport aux projections de base. Le trimestre a vu l’arrivée stratégique de trois chargeurs de navires. La mise en service opérationnelle globale est planifiée pour le premier trimestre de l’année 2027.
* Flux Commerciaux (0,6 million de tonnes) : Ce volume de minerai de fer a été expédié vers la Chine au cours du premier trimestre de cette année, suivi de la finalisation des premières ventes sèches en avril.

Ces données structurelles confortent le consortium dans sa trajectoire à long terme.
L’objectif réaffirmé est d’atteindre une capacité de production annuelle nominale de 60 millions de tonnes au cours du second semestre 2028.
L’héritage Simandou : Transformation structurelle, éthique des affaires et capital humain
Au-delà des agrégats de production et des investissements en capital (CapEx), la question centrale de la pérennité de l’impact économique pour les générations futures guinéennes s’est imposée au cœur des échanges.
Interpellé sur l’héritage durable que laissera le consortium, Aboubacar Koulibaly, Directeur Général de Rio Tinto Guinée, a formalisé la vision stratégique du groupe autour de trois piliers fondamentaux :
1. L’empreinte d’une économie diversifiée et transformée
S’appuyant sur les précédents historiques de Rio Tinto en Australie, aux États-Unis, en Mongolie, en Malaisie ou en Afrique du Sud, M. Koulibaly a rappelé comment les retombées minières majeures ont agi à chaque fois comme de puissants catalyseurs industriels nationaux. L’ambition est identique pour la Guinée : faire du projet Simandou le moteur d’une diversification économique post-mine.
2. L’ancrage d’un standard éthique et de gouvernance de classe mondiale

Le groupe entend infuser une culture de transparence et de responsabilité à travers tout le secteur privé guinéen. Cet engagement s’est matérialisé ce trimestre par l’organisation d’un forum élargi sur la sécurité avec les sous-traitants et la tenue de la deuxième édition des prix de reconnaissance des fournisseurs, renforçant les exigences de conformité et le contenu local.
« Quand on fait du business avec l’éthique et les règles de gouvernance les plus éprouvées, c’est une bonne affaire pour tout le monde : l’État, les communautés et les investisseurs », a insisté Aboubacar Koulibaly.
3. L’internationalisation de l’expertise guinéenne
Le développement du capital humain passe par un transfert effectif de compétences de pointe. L’illustration concrète de ce trimestre est le départ des premiers stagiaires marins guinéens de Simfer vers la Chine, destinés à devenir les futurs opérateurs hautement qualifiés des navires de transbordement (TSV).

Le Directeur Général a conclu son intervention sur une note d’ambition nationale forte : « Aujourd’hui, on a dans cette opération des experts internationaux comme Chris, qui sont australiens. Mon rêve, en tant que Guinéen, est de voir demain des cadres guinéens capables d’aller ailleurs dans le monde pour faire le même travail, forts de l’expertise d’élite acquise sur Simandou. C’est cela le véritable héritage que nous voulons laisser. »
Foulematou Samoura pour civinewsguinee.info

