lundi, juillet 20, 2026

69ème Sommet de la CEDEAO à Freetown : Le vibrant plaidoyer du Président Mamadi Doumbouya pour une réforme historique et la fin des « sanctions réflexes »

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Ce dimanche 19 juillet 2026, la capitale sierra-léonaise et la localité stratégique de Lungi sont devenues, le centre de gravité politique de l’Afrique de l’Ouest. Réunis pour le 69ème sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, une douzaine de dirigeants ouest-africains font face à un tournant institutionnel majeur. Parmi eux, le président guinéen, Mamadi Doumbouya qui a marqué les esprits par un discours pragmatique et refondateur, appelant à rompre définitivement avec la politique des sanctions pour redonner vie à l’idéal d’intégration voulu par les pères fondateurs.

Pour ses premiers pas officiels dans l’arène des sommets de l’organisation après une période de suspension, le chef de l’État guinéen a choisi la carte de la franchise constructive. Loin des postures protocolaires, il a partagé une vision ambitieuse d’une CEDEAO réformée, résolument tournée vers le bien-être économique et social des populations, et non vers la punition institutionnelle.

« La sanction frappe d’abord les plus vulnérables »

​À la tribune de Freetown, le Président Mamadi Doumbouya a vigoureusement remis en cause le logiciel coercitif de la communauté régionale.

Selon lui, la doctrine actuelle fait fausse route en isolant ses propres membres : « Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours. Or, sans hypocrisie, l’expérience nous enseigne que la sanction frappe d’abord et toujours les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elles privent les hôpitaux de médicaments de première nécessité… Une communauté forte n’est pas celle qui sait le mieux sanctionner ses membres, mais celle qui sait le mieux les faire prospérer ensemble. » martèlera, Mamadi Doumbouya, le Président guinéen.

​Ce plaidoyer humaniste et pragmatique appelle à une adaptation profonde des institutions ouest-africaines face aux mutations contemporaines. Pour le dirigeant guinéen, réformer la CEDEAO implique impérativement d’intégrer les spécificités et les réalités sociopolitiques de chaque nation membre, au lieu d’appliquer des grilles de lecture standardisées et purement punitives.

La Guinée prête pour le renouveau communautaire

​Se voulant bâtisseur d’avenir, le président guinéen a solennellement réaffirmé l’engagement de Conakry à jouer pleinement sa partition dans cette dynamique de refondation. Loin de vouloir affaiblir le bloc régional, sa démarche vise à honorer la mémoire et la vision des pionniers de 1975 : « Ce n’est pas par les sanctions mettant certains membres à l’écart que la CEDEAO honorerait ses pères fondateurs, mais bien en bâtissant ensemble par le travail, la solidarité et la justice, l’Afrique de l’Ouest », a-t-il insisté, réitérant que la Guinée se tient prête à œuvrer à l’avènement d’une communauté de prospérité partagée.

Chantiers majeurs : Sécurité, l’AES et le grand défi de l’Eco

Au-delà de la tribune guinéenne, ce 69ème sommet revêt une importance existentielle pour la CEDEAO, qualifié par plusieurs observateurs de « moment de redéfinition ». Confrontée depuis des années à une vague d’insécurité chronique, à des mutations politiques complexes et à une cohésion interne fragilisée, l’organisation se sait attendue au tournant par les citoyens. Un diplomate anglophone résume parfaitement l’état d’esprit ambiant dans les couloirs du sommet.

Les quatre dossiers brûlants sur la table des Chefs d’État :

* L’architecture de sécurité régionale : Face à la progression des groupes armés, les dirigeants étudient activement le renforcement opérationnel de la coopération militaire. Le projet d’une force dédiée de la CEDEAO, capable non seulement de maintenir mais d’imposer la paix lorsque les crises l’exigent, est de nouveau au cœur des débats.

* La main tendue vers l’AES : Sous l’égide du président sierra-léonais et président en exercice de l’organisation, une nouvelle stratégie est discutée pour renouer et resserrer les relations avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso).

* ​Le défi de la monnaie unique : Le dossier technique et politique du projet d’intégration monétaire « Eco », sans cesse repoussé, fait l’objet de nouvelles évaluations financières globales.

* Le virage de la gouvernance démocratique : L’intégration de nouvelles figures politiques majeures, à l’instar du président béninois fraîchement élu Romuald Wadagni, ou le retour au premier plan de Mamadi Doumbouya, marque une recomposition très observée du leadership régional.

Changement de cap à la tête de la Commission

​Ce sommet marque également une transition institutionnelle majeure avec le renouvellement de la présidence de la Commission de la CEDEAO. L’actuel titulaire arrivant au terme de son mandat, les regards sont braqués sur le Sénégal. Sauf surprise de dernière minute, l’ancien ministre sénégalais de la Défense, le général Birame Diop, fort d’une solide réputation technique et stratégique, se présente comme l’unique candidat en lice pour reprendre les rênes administratives et diplomatiques de l’institution.

​En choisissant Freetown – une capitale historiquement liée aux interventions salvatrices de l’Ecomog lors de la guerre civile – la CEDEAO s’offre un miroir de son passé pour mieux affronter ses défis futurs. Le discours de refondation du Président Mamadi Doumbouya et les chantiers ouverts ce dimanche prouvent que le bloc ouest-africain cherche à réinventer son modèle pour ne pas risquer l’obsolescence face à l’histoire.

Ernest Sessey à Freetown pour civinewsguinee.info

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