

Les cadres de la Direction générale des investissements publics (DGIP) participent, depuis le mardi 1er septembre 2026, à une session de renforcement des capacités portant sur les fondamentaux, les mécanismes et les instruments de mise en œuvre du budget-programme. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de modernisation du système national de gestion des finances publiques et accompagne le processus d’appropriation progressive de la culture de performance au sein de la Direction.
Organisée autour de six (6) modules, la formation vise à consolider les compétences des cadres de la DGIP en matière de programmation, de préparation, de budgétisation et de suivi de l’exécution des investissements publics, conformément aux principes de la gestion axée sur les résultats (GAR).
Un changement de paradigme dans la conduite de l’action publique
À l’ouverture officielle des travaux, ce mercredi 2 septembre, Mme la Directrice Générale des Investissements Publics, a rappelé que la réforme budgétaire consacre un changement substantiel de paradigme dans la conduite de l’action publique. Désormais, l’analyse de la dépense publique ne saurait se limiter au niveau des crédits mobilisés ou consommés : elle doit également porter sur la qualité de l’allocation des ressources, l’efficience de leur utilisation et les résultats effectivement générés par les politiques publiques.

Mme Aïssatou Yariatou Camara, a souligné que le Budget-programme constitue l’une des réformes majeures de la modernisation des finances publiques, consacrée par la loi organique relative aux lois de finances de 2012, et qu’il traduit le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats. La DGIP se situe au cœur de cette transformation, notamment à travers la programmation des projets d’investissements publics en autorisations d’engagement (AE) et crédits de paiement (CP) — une approche qui permet de retracer les engagements pluriannuels de l’État, de sécuriser la couverture financière des projets et d’améliorer la visibilité sur leur trajectoire d’exécution budgétaire.


Cette évolution implique une articulation renforcée entre la planification stratégique, la programmation des investissements publics, la programmation budgétaire et l’exécution financière. Le passage à la budgétisation en AE/CP constitue ainsi un instrument essentiel de maîtrise des engagements de l’État, particulièrement pour les projets d’investissement dont la réalisation s’étend sur plusieurs exercices budgétaires.
Une réforme portée au plus haut niveau
Pour le Secrétaire général du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, M. Amadou Tidiane Touré, la Guinée est résolument engagée dans un processus de transformation de son système de gestion publique, visant à renforcer l’efficacité de la dépense, la transparence budgétaire et la soutenabilité des politiques publiques.

Il a cité la création, (en juin 2025), du Comité budget-programme, ainsi que l’introduction progressive d’une véritable culture de la performance, comme des jalons importants de cette réforme, consacrant un changement de paradigme dans la conception, l’allocation et le suivi des ressources publiques. Ces innovations, a-t-il indiqué, doivent permettre de renforcer la transparence, d’améliorer la qualité de la dépense publique et de garantir la soutenabilité budgétaire et financière des projets structurants.
La DGIP, partenaire de mise en œuvre de la réforme
De son côté, M. Piga Prosper Tapsoba, expert en finances publiques et formateur, a souligné la responsabilité particulière de la DGIP dans cette mutation du cadre budgétaire, rappelant qu’elle se trouve au cœur de la programmation et du suivi des investissements publics et ne saurait, de ce fait, rester en marge de cette innovation majeure que constitue le budget-programme.

Six (6) modules pour une appropriation complète
La formation s’articule autour de six (6) modules fondamentaux : La définition et les fondements de la gestion axée sur les résultats ; le cycle de gestion axée sur les résultats ; les principes et mécanismes du budget-programme ; la planification et la programmation ; la préparation du budget-programme ; la budgétisation en autorisations d’engagement et crédits de paiement (AE/CP)
À travers cette session, la DGIP entend consolider l’appropriation des outils de la réforme budgétaire par ses cadres et renforcer leur capacité à inscrire la programmation des investissements publics dans une logique de performance, de soutenabilité, de pluri annualité et de résultats mesurables.

Cette démarche contribue ainsi à faire de la programmation des investissements publics un véritable levier de discipline budgétaire, d’efficacité allocative et de transformation économique, en cohérence avec les exigences de modernisation de la gestion des finances publiques en République de Guinée.
Salifou Sylla civinewsguinee.info


