
Un complexe immobilier moderne, un modèle de solidarité islamique et un puissant levier de financement durable pour l’éducation et les secteurs sociaux de base. Tel est le visage du projet WAQF CITY, l’un des projets immobiliers les plus ambitieux actuellement en cours de réalisation à Conakry.

À travers cette initiative d’envergure, la Guinée et la Banque Islamique de Développement (BID) entendent donner une nouvelle dimension au système du Waqf, en faisant des revenus générés par un patrimoine immobilier moderne un instrument durable de financement de l’éducation et de lutte contre la pauvreté.
Le WAQF BID-GUINEE, un modèle de solidarité au service du développement
Le WAQF BID-GUINEE, ou Waqf de Solidarité Islamique pour l’Éducation et le Développement des Secteurs Sociaux de base en Guinée, est une institution caritative à caractère éducatif qui œuvre depuis plusieurs années à la mobilisation de ressources au profit du développement humain. L’institution gère notamment, à Conakry, deux immeubles construits sur une superficie de 6 600 m², dont les revenus sont destinés au financement de projets éducatifs et à la lutte contre la pauvreté.

Fort du succès enregistré par ce premier modèle de Waqf et de son impact positif sur les populations guinéennes, le WAQF BID-GUINEE et la BID ont décidé de franchir une nouvelle étape avec la réalisation d’un complexe immobilier commercial et résidentiel d’envergure : la Cité WAQF CITY.

Un projet immobilier de 53 mille m² en plein cœur de Conakry
Le projet Cité WAQF CITY est financé conjointement par la République de Guinée, la Banque Islamique de Développement et le WAQF BID-GUINEE. Il prévoit la construction d’un vaste complexe immobilier de près de 53 000 m², réalisé en deux (2) phases successives.
En visitant le chantier, le Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement s’est vivement félicité des ‘’avancées majeures enregistrées dans les travaux’’ en dépit des contraintes et difficultés graduellement en passe d’être levées. M. Ismael Nabé, Ministre Gouverneur pays auprès de la BID a ‘’souligné et salué le partenariat avec la Banque Islamique du Développement (BID).’’

La première phase est essentiellement consacrée à la construction d’un Shopping Mall moderne de trois niveaux, tandis que la seconde comprend trois tours distinctes à vocation résidentielle et professionnelle.
Un Shopping Mall moderne et attractif

Le centre commercial, d’une superficie totale de 23 878 m², comprendra : 93 commerces et boutiques ; 7 espaces de restauration rapide ; un parking souterrain d’une capacité de 362 véhicules ; deux piscines aménagées sur la terrasse, sur une superficie totale de 3 740 m². Cette infrastructure devrait contribuer à renforcer l’offre commerciale et les activités de services dans la capitale, tout en créant de nouvelles opportunités économiques et d’emplois.
Trois (3) tours aux fonctions complémentaires

La deuxième phase du projet comprend trois imposantes tours :
- La première tour, haute de 18 étages, s’étendra sur 6 412 m² et comprendra 53 appartements de différentes dimensions.
- La deuxième tour, de 17 étages, couvrira une superficie de 5 833 m² et sera entièrement dédiée aux activités professionnelles, avec 52 bureaux de dimensions variées.
- La troisième tour, de 20 étages, s’étendra sur 7 570 m². Elle accueillera 80 appartements meublés destinés à la location de courte durée, ainsi qu’un restaurant panoramique situé au dernier étage, avec une capacité d’accueil de 90 personnes.


Un investissement de plus de 93 millions de dollars
La première phase représente environ 61,001 millions USD, tandis que la deuxième phase est évaluée à 32,026 millions USD.

Le schéma de financement se présente comme suit : Banque Islamique de Développement : 32 millions USD ; État guinéen : 41,30 millions USD ; WAQF BID-GUINEE : 20,34 millions USD, incluant notamment la valeur du terrain.
Les travaux sont exécutés par l’entreprise STC INSAAT. Le cabinet EDS Mimarlik assure la mission de supervision, tandis que la fonction de chef de projet a été confiée au cabinet tunisien COMETE INTERNATIONAL.

Une première phase presque achevée
Le chantier progresse à un rythme soutenu confie, M. Moohamed Yaya KOROMA, Directeur Exécutif du WAQF BID Guinée : « Malgré plusieurs prorogations liées notamment aux difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie, les travaux de la première phase étaient achevés à 98 % au 31 décembre 2025. La deuxième phase, quant à elle, devrait être finalisée d’ici au 31 décembre 2026. À ce jour, son taux d’exécution physique est estimé à 50 %, pour un taux de décaissement de 32 %. » affirme-t-il.


Concernant la mobilisation des financements, la situation fait apparaître d’importants efforts déjà consentis, mais également un besoin urgent d’accélération. Sur la contrepartie nationale, environ 20,067 millions USD ont été décaissés, tandis qu’il reste environ 18,29 millions USD à mobiliser. Du côté du financement extérieur avec la BID, environ une enveloppe de 23,09 millions USD ont déjà été décaissés et près de 8,9 millions USD reste à décaisser.

Des travaux additionnels pour moderniser le projet
De l’avis du Directeur Exécutif Adjoint en charge des Programmes et Projets du WAQF BID Guinée, Alhassane BAH : « La finalisation de WAQF CITY nécessite également la prise en compte de travaux additionnels, rendus indispensables par l’évolution des normes techniques et technologiques. Les études de base du projet datant de 2012, des adaptations sont aujourd’hui nécessaires afin d’intégrer les impératifs de modernisation des installations et de garantir au complexe un niveau de performance conforme aux standards actuels. Conformément aux accords de financement, la prise en charge de ces travaux additionnels incombe au Gouvernement guinéen. » précise t il.

Le défi majeur : accélérer les décaissements
Afin de remédier aux retards enregistrés dans l’exécution du projet, plusieurs mesures correctives ont été envisagées par le Gouvernement.
Parmi elles figurent notamment : la mise en place d’un compte séquestre ; l’implication de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) dans le mécanisme de paiement des décomptes ; l’amélioration de la coordination entre les différentes parties impliquées dans le financement du projet. Cependant, malgré les efforts engagés, des difficultés administratives et opérationnelles persistent encore sur le terrain et continuent de peser sur le rythme de mobilisation des ressources nécessaires.

Une ultime prorogation accordée jusqu’au 31 décembre 2026
En mars 2026, la Banque Islamique de Développement a accordé une ultime prorogation de la date limite de décaissement de la deuxième phase jusqu’au 31 décembre 2026. Cette décision s’est toutefois accompagnée du rétablissement du principe de simultanéité des décaissements.
Concrètement, le paiement des demandes de retrait de fonds par la BID est désormais conditionné au décaissement, par le Budget National de Développement (BND), de la contrepartie correspondante. Une situation qui renforce l’urgence pour l’État guinéen de mobiliser les ressources nécessaires afin d’éviter tout nouveau retard dans l’exécution des travaux.
Des mesures urgentes pour tenir le délai de 2026
Pour respecter l’objectif de finalisation complète de la deuxième phase au 31 décembre 2026, plusieurs actions apparaissent indispensables. Il s’agit notamment : de prévoir, dans la Loi de Finances Initiale ou Rectificative 2026, les montants correspondant au solde actuel de la contrepartie nationale ; de renforcer la coordination entre les responsables concernés du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget (MEFB) et de la BCRG afin d’accélérer la mise en œuvre du mécanisme de facilitation des décaissements ; de poursuivre le plaidoyer auprès de la BID en faveur d’une reprise plus souple des décaissements, conformément aux accords de financement, afin de faciliter la mobilisation simultanée des ressources des différentes parties.
Un enjeu majeur : permettre une accélération du financement en 2026, afin que le Gouvernement puisse ensuite prendre pleinement le relais et honorer l’ensemble des engagements nécessaires jusqu’à la finalisation complète du projet.

WAQF CITY, bien plus qu’un complexe immobilier
Au-delà de sa dimension architecturale et commerciale, WAQF CITY représente un modèle économique et social innovant pour la Guinée. L’ambition est de transformer un investissement immobilier en une source durable de revenus au service de l’éducation, de la solidarité et du développement des secteurs sociaux de base.
Dans un contexte où la mobilisation de ressources durables constitue un défi majeur pour les États africains, le modèle du Waqf offre une réponse originale : créer des actifs productifs dont les revenus permettent de financer, dans la durée, des actions à fort impact social.


Avec ses commerces, ses bureaux, ses logements, ses services et ses espaces de restauration, la future Cité WAQF CITY pourrait devenir un nouveau pôle économique et urbain majeur de Conakry. Mais surtout, derrière le béton, les tours et les infrastructures modernes, se dessine une ambition plus profonde : faire de la richesse créée par l’investissement immobilier un moteur permanent de financement de l’éducation et du progrès social en Guinée. La réussite du projet dépend désormais de la capacité des différentes parties prenantes à accélérer la mobilisation des financements et à respecter les engagements pris.

WAQF CITY est ainsi à la croisée de plusieurs ambitions : modernité urbaine, solidarité islamique, innovation financière, création d’emplois et financement durable du développement social. Un projet futuriste dont la concrétisation complète pourrait constituer une référence majeure pour la Guinée et au-delà.
Ibrahima Ahmed BARRY, pour civinewsguinée.info


